Vinted, une solution seconde main écologique ?

Depuis deux ans, je n'achète plus de vêtements neufs ou presque (la dernière fois que j'ai craqué, c'était pour une robe il y a dix mois). En effet, je n'octroyais pas un budget important à ma garde robe, et du coup, j'achetais principalement de la fast fashion : H&M, Zara et Kookai étaient mes sources d'approvisionnement préférées. Autant de vêtements pas chers, pas qualitatifs, qui ne durent pas vraiment dans le temps, qui polluent et qui promeuvent la surconsommation et l'esclavage moderne.


Depuis deux ans donc, j'achète mes vêtements en seconde main, soit en friperie soit sur Vinted. Plusieurs personnes, alors même que je promouvais cette nouvelle manière de consommer la mode, m'ont averties sur le fait que la seconde main, ce n'est pas forcément écologique. Je me suis demandée pourquoi et j'ai décidé de réfléchir à la question.

Comment ça, la seconde main ce n'est pas écologique ? Comment est-ce possible ?


La plateforme de seconde main Vinted


Effectivement, je pense que le problème principal de la seconde main réside principalement sur la plateforme Vinted. Il suffit de se rendre sur le site internet pour s'en rendre compte. Il y a des MILLIONS d'annonces (il y a 37 millions d'utilisateur.ices sur le site). Chaque jour, des centaines de nouveaux vêtements, neufs avec ou sans étiquette, se retrouvent sur cette plateforme. Il y a des annonces qui sont réellement de seconde main, et des boutiques indépendantes qui n'ont pas compris le principe et vendent des vêtements neufs. Il y a des personnes qui arrivent presque à se dégager un revenu de Vinted, et des personnes qui achètent quotidiennement sur ce site, sous prétexte qu'il s'agit de seconde main.


Oui, le seconde main peut être polluant. Dans le cas de Vinted, si la fréquence d'achat n'est pas revue, acheter chaque semaine un ou plusieurs vêtements sur ce site, et donc engendrer de la pollution liée au transport de ces vêtements, est problématique. Le transport, c'est donc une partie du problème. L'autre partie, selon moi, est la non régulation des prix. En effet, une immense partie des vêtements sont vendus à 5 euros ou moins, et incitent clairement à l'achat impulsif non réfléchi.


Etant donné que les marques problématiques ou de fast fashion se vendent comme des petits pains, cela n'incite pas franchement à réduire sa consommation. Une partie des consommateur.ices continue d'acheter sans se restreindre en sachant qu'iels pourront revendre leurs achats sur Vinted, et une autre partie n'a plus aucun scrupule à acheter beaucoup de vêtements, étant donné que c'est de seconde main, et moins cher.

Des utilisateur.ices deviennent littéralement accro à cette plateforme, sur laquelle on peu scroller pendant des heures et acheter en un clic. On peut aussi devenir accro à la revente, mais aussi à la négociation. Bref, Vinted, c'est devenu un réseau social comme un autre, qui incite à l'achat plutôt que de nous raisonner. Les mêmes mécanismes que la fast fashion sont mis en place : une offre pléthorique, des prix attractifs, des offres et réductions constantes, un système d'achat en quelques secondes. Le système de porte-monnaie est lui aussi traitre : il permet, dès qu'on a récupéré l'argent d'une vente, d'acheter un nouveau vêtement, avec cette impression de ne rien avoir dépensé.


Comment acheter de seconde main tout en étant plus écologique ?


Concernant la plateforme Vinted, j'ai mis en place plusieurs règles pour éviter de surconsommer du seconde main :

  • j'achète au maximum auprès d'utilisateur.ices près de chez moi : en effet, on peut regarder où est située lea vendeur.se et j'ai donc décidé de ne pas acheter de vêtements situés en Espagne, en Italie, ou, grosso modo, à plus de 300 kilomètres de chez moi.

  • je n'achète jamais sur un coup de tête : je scrolle sur l'application, je mets en favoris, puis j'attends quelques jours. Je retourne sur mes favoris, et souvent, il y a plusieurs pièces que j'enlève de ma sélection parce que finalement, elles ne me plaisent pas tant que ça. En général, j'attends aussi une baisse de prix ou propose une offre, avant d'acheter.

  • j'essaie de faire en sorte que Vinted ne représente qu'une petite partie de mes achats de vêtements

Evidemment, aucune habitude de consommation n'est parfaite (à moins d'acheter du Made in France, labellisé, et de connaître l'atelier voire la personne qui a fabriqué son vêtement), il ne s'agit pas là de critiquer si vous achetez beaucoup sur Vinted, mais bien de réfléchir à notre rapport au vêtement.


Acheter de seconde main, c'est bien, mais acheter moins souvent, et de meilleure qualité, c'est mieux.