Pourquoi le remaniement ministériel me met-il en colère ?

Le 6 Juillet 2020, Messieurs Gérald Darmanin et Dupond-Moretti devenaient respectivement Ministre de l'Intérieur et de la Justice. Un coup dur pour de nombreuses personnes, dont moi.



Lorsque Monsieur Castex a nommé Messieurs Darmanin et Dupond-Moretti pour former son gouvernement le Lundi 6 Juillet, il y a eu comme un choc. Le premier est actuellement en examen pour viol, mais il est également à l'origine de propos racistes et LGBTQIAphobes. Le second, avocat fervent défenseur des violeurs et auteurs de féminicides, est également ouvertement misogyne et sexiste.

Cette nomination, c'est un crachat envoyé à toutes les victimes de viol, de violences racistes, d'agressions LGBTQIAphobes.


En effet, il est bon de rappeler qu'en France, 1% des violeurs est condamné : 99% ne seront donc jamais inculpés. De rappeler que la culture du viol est précisément la raison pour laquelle un potentiel violeur peut accéder aux plus hautes fonctions étatiques, un agresseur avéré peut devenir maire du Gosier en Guadeloupe, pour laquelle encore un homme qui frappe son épouse peut devenir, lui aussi, maire de Cabourg.

Nous, en tant que femmes, mais aussi que personnes trans, racisées, en tant que travailleur.ses du sexe, ne sommes jamais à notre place. La rue de nous appartient pas, la Justice n’est pas de notre côté. La présomption d’innocence, si elle est bel et bien nécessaire dans notre société, permet en fait, l’impunité totale des agresseurs. Elle est le moyen d’invisibiliser les agressions et de taire les victimes. Et la nomination de Gérald Darmanin en est la consécration.

Ce même ministre n’est pas seulement un violeur potentiel, c’est un homme ouvertement LGBTQIAphobe qui, en 2012 s’insurgeait contre le mariage pour tous en indiquant “faut-il tout accepter sous prétexte que la société évolue?”.

Enfin, en 2015, il accusait Christiane Taubira d’être “un tract ambulant pour le FN”. Lui confier l’Intérieur c’est, là encore, se moquer des manifestations antiracistes, des violences systémiques policières faites à l’encontre des personnes racisées.


Quant à Monsieur Dupond-Moretti, il est la représentation d’une société patriarcale, où les hommes ont toute leur place et n’hésitent pas à rabaisser les femmes. Lorsqu’il indique, lors de l’affaire DSK qu’il s’agit de “copains prenant du bon temps”, ou qu’il explique que “les femmes regrettent de ne plus être sifflées” tout en qualifiant les féministes de “follasses”, il décrédibilise les personnes qui portent plainte pour agression sexuelle, il fait fi de la notion de consentement, et il légalise le viol. Lorsque, hors tribunal, il défend la “blackface” du joueur de football Griezmann, il fait partie des personnes qui considèrent que le racisme systémique n'existe pas en France.


C’est pourquoi la pétition exigeant d’une part, la démission immédiate de ces deux ministres, et d’autre part, l’inscription dans la loi d’une mention interdisant à quiconque étant en procédure d’examen ou soupçonné d’un crime d’accéder au gouvernement, a été lancée Mardi 7 Juillet. Quatre jours après son lancement, elle compte près de 95 000 signatures.

Elle cristallise la colère de ces personnes qui se sentent menacées par un gouvernement qui n’est pas à la hauteur de la diversité, de la modernisation de sa société, et de ses citoyen.nes.

Il est grand temps que la “grande cause du quinquennat” devienne une réelle priorité.


#politicsaretrash



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© 2020 - Bettina Zourli

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