Qui sont les féministes radicales ?

A ne pas confondre avec le fameux "féministe extrémiste", une "insulte" dont tous les anti-féministes adorent nous couronner, les féministes radicales sont une branche particulière du féminisme, qui ne représente clairement pas le mouvement dans son entièreté.

D'ailleurs, aucun courant ne peut se vanter de représenter le mot "féminisme", puisque cette idéologie n'est pas un dogme, mais plutôt un terreau de réflexions hétérogène et non consensuel dans sa pratique.


Aujourd'hui, je voulais donc revenir sur les féministes radicales, pour vous exposer leurs combats et leurs idées. Pourquoi ? Parce qu'il est primordial de connaître toutes les branches du mouvement militant afin de mieux se positionner, et de comprendre quels enjeux entrent en ligne de compte au sein même des militantes féministes.


(J'ajouterai avant de commencer que je ne me revendique pas du féminisme radical, bien au contraire).



Qui sont les féministes radicales ?


Le féminisme radical est un terme qui apparaît dans les années 1960, et qui fait au départ référence aux militant.e.s féministes qui considèrent que toute source d'oppression des femmes est opérée par le patriarcat, et qui tend à démanteler le système depuis sa racine (le mot radical vient du latin radix qui veut dire ... racine!). Le mot radical n'est pas un terme péjoratif en tant que tel ; il a surtout pour objectif de radicaliser le mouvement pour le rendre plus offensif (mais cela ne veut pas dire violent!).

Pour les féministes radicales, les changements législatifs ne sont pas suffisants, puisque même s'ils ont pour vocation à améliorer la condition de vie des opprimé.e.s, ils ne remettent pas en question le système raciste, patriarcal, capitaliste et hétérocentré qui régit les relations humaines.


Dans les grandes lignes

  • Les religions

De manière générale, le féminisme radical s'oppose à toutes les religions, sans désir d'en stigmatiser une en particulier. En effet, les trois religions monothéistes principales sont aujourd'hui des systèmes oppressifs pour les femmes, et les interprétations des divers textes sacrés ont érigé le genre féminin en personne impure, faible et indigne de respect et surtout, de droits.

  • L'hétéronormativité

Une grande partie des réflexions des féministes radicales repose sur le système d'oppression que représente l'hétérosexualité. Le couple normé, aujourd'hui encore, sert principalement les hommes qui profitent du temps des femmes qui travaillent gratuitement au sein du ménage, pour s'occuper du foyer et des enfants. Elle enferme les femmes dans le privé et les réduit à leur utérus.

  • La prostitution

Le féminisme radical se positionne pour l'abolition de la prostitution, puisqu'elle luttent contre tout le système qui utilise le corps des femmes pour le plaisir ou l'intérêt de la classe dominante, à savoir les hommes. Pour beaucoup de ses partisanes, le travail du sexe ne peut être qu'une oppression, il ne peut jamais être choisi.

  • La transidentité

Si certaines féministes radicales se revendiquent ouvertement ou non contre les personnes trans (on les appelle les TERF, pour Trans Exclusionary Radical Feminists), pour beaucoup, la transidentité est tout simplement exclue des réflexions. Elles justifient ce positionnement très controversé (et transphobe) par le fait que les personnes trans exacerberaient les stéréotypes de genre (en mettant beaucoup de maquillage, des talons très haut, etc ... ou à l'inverse pour les hommes trans, en adoptant une attitude très "virile") et donc renforceraient la société binaire dans laquelle nous évoluons aujourd'hui. Elles ajoutent que les femmes trans pourraient en fait être des hommes qui infiltrent les milieux féminins pour mieux jouer le jeu du patriarcat (par exemple, en agressant les femmes lors de réunions non mixtes).

Pour résumer, idéalement, pour les féministe radicales, il n'y aurait plus de tout de genres.


Sur les réseaux sociaux et sites internet, il est possible de reconnaître celleux qui se revendiquent du mouvement en lisant "RadFem".


Personnellement, je ne me reconnais que peu dans les réflexions citées tout au long de cet article. En effet, si la biologie féminine a été utilisée pour asseoir la domination des femmes sur les hommes, je trouve les discours des féministes radicales trop essentialistes. Elles postulent généralement qu'on ne peut pas changer de sexe, que le travail du sexe est un viol tarifé, et excluent ainsi de nombreuses femmes et minorités de genre de leurs luttes. Le mouvement est souvent associé à un féminisme majoritairement blanc qui, même s'il lutte contre le racisme, ne représente pas la diversité des opinions.


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Pour aller plus loin / sources :

- La vidéo de @withoutpatriarchy sur le féminisme radical

- Revue Cairn "Convergences et divergences entre le féminisme radical et queer"

- Le site Sisyphe et cet article de La solidarité insurgée

- Quelques personnalités féministes radicales