Oui, j’utilise des sextoys, et non, je ne suis pas une salope

Une étude menée en 2020 par la marque de lovetoys Lelo nous apprenait que 55% des hommes et seulement 4% des femmes atteignent l’orgasme lors d’un premier rapport sexuel hétérosexuel avec un partenaire.

En 2017, l’IFOP, l’Institut français d’opinion publique, révélait que seulement 74% de femmes s’étaient déjà masturbées, contre 95% des hommes. Cette différence de genre est ce qu’on appelle le Masturbation gap. Et si aujourd’hui, on se penchait sur les origines de cet écart, et sur l’image parfois négative qu’a encore la masturbation féminine, dans une société où la révolution sexuelle a eu lieu il y a 50 ans déjà ! Promis, je vous parlerai aussi de mes sextoys préférés en fin d’article ...


Le mythe de la vierge et de la putain


Depuis des millénaires et en particulier depuis 2000 ans et l’avènement des religions monothéistes, les femmes doivent être pures et se préserver. En effet, les figures féminines religieuses ayant une sexualité débridée sont décrites comme viles dans les récits. C’est notamment le cas de Lilith, première femme d’Adam. Elle était libre et refusait de se soumettre à son amant au lit, à tel point qu’elle fut virée du jardin d’Eden pour devenir, au fil du temps, une représentation du diable. Plus tard, Eve, conçue par Dieu pour être plus docile et douce, mangea le fruit défendu et provoque le courrou des cieux, ce qui aura pour grave conséquence de faire interdire le Paradis aux humains, qui doivent donc vivre sur Terre à cause … d’une femme !

Plus tard, le mythe ou syndrome de la vierge et de la putain est né : il fait référence, pour les hommes, au fait que ces derniers ne considèrent une femme que comme pouvant entrer dans une des deux catégories. Il y aurait les vierges, pures et bonnes à marier, et les putains, les femmes de petite vertu, celles qui ne sont pas sous la domination masculine, et qui jouissent en liberté. Ainsi, certains hommes choisissent leur future compagne en fonction de son activité sexuelle, et ce n’est pas pour rien que les femmes sont sommées d’être le plus pures possible pour être considérées comme ayant de la valeur.

Ainsi, avoir une activité sexuelle libre et multiple, avec autrui ou seule, ce n’est pas très bien vu, et on a vite fait de se faire insulter de salope si on ose avoir plusieurs partenaires ou si l’on aime utiliser des sextoys régulièrement.


Des pratiques qui évoluent ?


Entre temps, Freud est passé par là et a participé à entériner le plaisir des femmes, en les décrivant comme des êtres à qui il manque quelque chose (devinez : un pénis!), et donc pour qui le clitoris serait pour ainsi dire … inutile (ben oui, il ne sert qu’à jouir quoi).


J’avais tellement intégré que la masturbation, ce n’était pas pour les femmes, encore moins pour celles en couple, que j’ai découvert mon plaisir en solitaire, et grâce au clitoris, à l’âge de 27 ans. C’est donc à cet âge que j’ai également découvert que la pénétration vaginale, ce n’était pas trop mon truc (je n’avais jamais eu d’orgasme par là, j’aurais dû avoir la puce à l’oreille!), mais que l’orgasme clitoridien, c’était assez incroyable !


Cette découverte en solo m’a permis de m’affirmer au niveau de mes envies, de mes désirs, et de mieux communiquer avec mon partenaire. Aujourd’hui, j’ai une sexualité seule, et une sexualité en couple, et les deux sont complémentaires, on peut les pratiquer simultanément sans honte, promis ! En ce qui concerne le choix des sextoys, je suis une grande fan des stimulateurs clitoridiens, en particulier ceux qui proposent un mode d’aspiration sans contact du clitoris. Je ne veux pas m’avancer, mais je vous garantis un plaisir comme vous n’en n’avez jamais connu …


D’ailleurs, on remarque que si le masturbation gap perdure, les sextoys destinés au plaisir féminin se multiplient de façon exponentielle, ainsi que les articles et médias sur le sujet : on est donc sur la bonne voie !

S’offrir du temps avec soi, se faire l’amour, se donner du plaisir : peu importe le terme que vous employez, l’important, c’est de comprendre qu’il n’y a rien de mal à se toucher, se regarder, et à jouir, même si on est en couple par ailleurs. Nous traînons encore des biais inventés il y a des siècles, mais peu à peu, nous banalisons la masturbation féminine, et c’est tant mieux !


Article en collaboration avec le site Body House