La contraception masculine, mythe ou réalité ?

J'ai parfois - souvent - l'impression que je suis plus renseignée sur la contraception masculine que la plupart des hommes. Aujourd'hui, j'avais donc envie de résumer les diverses options qui existent, afin que les personnes qui ont un pénis puissent enfin prendre en main leur contraception, de manière individuelle.


Tout d'abord, je voulais vous partager la formation de mon amie Chloé De bon, fondatrice de l'association FemmesProd, et qui a lancé il y a deux semaines une école en ligne. Le premier programme de formation, l'école Shoukria, qui s'étale sur 8 modules, traite de la contraception masculine thermique.

C'est un programme complet qui permet de découvrir des contraceptifs comme le spermapause, le slip chauffant, grâce à des vidéos hebdomadaires de 10 à 15 minutes qui interviewent les créateurs de ces deux contraceptifs. Les vidéos sont accessibles, claires, concises mais précises, et permettent aux personnes concernées, je pense, de se défaire des craintes liées à la contraception. Le programme s'adresse également aux professionnel.les de santé qui souhaiteraient inclure ces informations dans leurs futures consultations, afin de démocratiser la contraception.


Pour en savoir plus sur la formation Shoukria sur la contraception masculine thermique, c'est juste là !


Revenons à nos préoccupations. De nombreuses personnes qui me suivent sur Instagram (@jeneveuxpasdenfant) ne connaissent pas l'existence des contraceptions dites masculines et thermiques, tout simplement parce qu'elles ne sont pas encore assez mises en avant !


L'androswitch


Crée par l'infirmier Maxime Labrit, l'androswitch est un rond en silicone dans lequel on vient placer le scrotum (les testicules) afin de les remonter plus près du corps et donc d'arrêter la spermatogénèse. En effet, quand les testicules remontent près du corps, leur chaleur augmente, et à partir de 37 degrés, les spermatozoïdes ne sont plus produits. Le sperme est donc dénué de spermatozoïdes et un rapport sexuel ne peut donc plus engendrer de grossesse.

Selon les études cliniques, l'androswitch serait de même efficacité que le DIU, dispositif intra utérin, ou stérilet.


Le spermapause


Inventé par Olivier Nago, le spermapause est un slip chauffant, à porter 3 heures par jour, et qui va, de même que l'androswitch, réchauffer les testicules et ainsi éviter la production de spermatozoïdes.

Les deux méthodes expliquées ci-dessous sont naturelles, elles n'impliquent pas de médicament et n'ont pas d'effet secondaire particulier.

Il existe aussi, à l'heure actuelle, d'autres contraceptifs pour les personnes qui ont un pénis.


La vasectomie


Je vous en ai déjà beaucoup parlé, mais un rappel ne fait jamais de mal. La vasectomie est une opération chirurgicale non invasive qui s'effectue sur anesthésie locale la plupart du temps. On fait une petite incise dans le scrotum pour aller couper les canaux déférents et ainsi empêcher les spermatozoïdes d'arriver dans le sperme. C'est une méthode très efficace (de l'ordre de 99,8%), considéré comme irréversible, bien que l'opération inverse, appelée vasovasostomie, existe.


La contraception hormonale


Elle est très minoritaire en France, mais les docteurs Soufir et Mieusset la proposent. Il s'agit d'une injection en intra-musculaire d'éthantane et de testostérone une fois par semaine. Il est important de noter que l'OMS, organisation mondiale de la santé, valide cette pratique, même si elle recommande de ne pas l'utiliser plus que 18 mois.

Ainsi, au sein d'un couple hétérosexuel, cette contraception peut être utilisée un temps : on imagine donc une répartition plus égalitaire de la contraception chez les partenaires, qui se répartissent la contraception par périodes de 18 mois chacun.e.s.


Vous l'aurez compris, la contraception masculine, thermique ou non, devient un vrai sujet, et les options commencent à se démocratiser. Il est crucial que les hommes prennent en main ce sujet et se responsabilisent quant à cette question, et la formation Shoukria peut être une première étape pour engager l'accessibilité.