Pourquoi faut-il employer l'écriture inclusive ?

Il semble n'y avoir, pour l'instant, aucune règle de grammaire définie pour l'écriture inclusive. En effet, l'Académie française déclarait en 2017 que l'employer créait une confusion et amenait à l'illisibilité, je cite : " On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs. "

Et pourtant, employer l'écriture inclusive me paraît aujourd'hui crucial, et je remercie d'ailleurs à ce titre la majorité municipale de Lyon qui a décidé le 11 Juillet d'adopter l'écriture inclusive pour favoriser l'égalité entre les personnes lors de leurs communications officielles.


Car c'est bien là tout l'enjeu : si les changements sociétaux créent de nouveaux mots, les nouveaux mots influencent eux aussi la société. Comment aspirer à une égalité entre les personnes si la langue française reste ouvertement sexiste ? Une pétition avait été lancée en 2011 afin de demander à l'Académie française de favoriser l'accord de proximité à la place de cette règle grammaticale stupide qui veut encore que le masculin l'emporte sur le féminin. L'accord de proximité indique, quant à lui, que l'on accorde les genres, les adjectifs, les nombres avec le noms le plus proche. Selon le contexte, le féminin pourrait donc aussi l'emporter sur le masculin. D'ailleurs, l'accord de proximité était largement employé dans la langue française jusque tardivement au 18ème siècle !


Utiliser l'écriture inclusive au quotidien, au travail, à l'école, dans nos mails, c'est se battre contre le sexisme ambiant actif dans toutes les strates de la société. C'est faire rentrer dans la tête de tous.tes, que les hommes ne sont pas prioritaires, plus forts ou plus importants que les femmes puisqu'aucun sexe ne l'emporte sur l'autre. A l'école, l'emploi de cette écriture est nécessaire pour qu'enfin les petites filles arrêtent de se croire inférieures, et pour que les petits garçons n'aient pas l'occasion d'asseoir leur domination sur l'autre sexe.

C'est mettre au placard cette idée archaïque que le masculin l'emporte sur le féminin et qu'en tant que femme, notre valeur est donc moindre que celle d'un homme.


Seulement, ceux qui font la langue, à l'Académie française sont au nombre de 33 : 5 femmes et 28 hommes. Les deux plus jeunes, Marc Lambron et Andreï Makine, sont nés en 1957. Autant dire que la domination de l'homme blanc depuis longtemps déjà cinquantenaire a encore de beaux jours devant elle.

D'où l'intérêt de propager l'écriture inclusive à notre échelle, par le bas. Elle commence à être employée dans les mairies, dans les médias, et elle fait débat, ce qui est une excellente nouvelle. En utilisant l'écriture inclusive, nous prouvons que c'est la société, ses avancées et ses changements qui façonnent les nouveaux mots et règles grammaticales.


N'attendons pas que les règles soient établies, que cette forme d'écriture soit acceptée, utilisons-là comme arme de destruction massive du patriarc

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© 2020 - Bettina Zourli

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