Boycotter la fast fashion, un engagement féministe

Comment peut-on imaginer combattre les inégalités, se revendiquer féministe dans notre société occidentale, et participer à l'aliénation et la précarité de milliers de femmes à l'autre bout du monde ?

La fast fashion, contre la dignité humaine


On le sait désormais : l'industrie textile pollue. GreenPeace et de nombreuses autres ONG alertent sur les composants chimiques déversés par litres dans les fleuves pour produire nos vêtements du quotidien. Elle est responsable à elle seule de 20% de la pollution de l'eau dans le monde. Mais l'industrie textile dévaste aussi des vies, et notamment celle des femmes.

Ce secteur emploierait dans le monde 60 millions de personnes, et selon le Global Slavery Index, 40 millions d'entre elles sont considérés comme étant des esclaves modernes. Parmi ces 40 millions, 71 % sont des femmes.

On découvre en effet en Septembre 2019, grâce à une étude faite par Public Eye intitulée "Un salaire vital dans l’industrie textile mondiale" (étude complète ici) que les grandes marques textiles n'offrent pas un salaire minimal vital à leurs employé.e.s.

Voici en effet quelques unes des conclusions de l'étude, qui a porté sur 45 enseignes :


• Enseignes qui publient certaines informations sur les salaires versés par leurs fournisseurs : 6 (13 %).

• Enseignes disposant d'un calendrier clair pour la mise en œuvre d’un salaire vital dans leur réseau de fournisseurs : 2 (4,5 %).

• Enseignes pour lesquelles nous avons pu trouver des indices indiquant qu’au moins une partie des employées chargées de la production perçoivent un salaire vital : 2 (4,5 %).

• Nombre d’enseignes qui mesurent à l’aide de valeurs de référence reconnues (benchmarks) si un salaire vital est versé : 18 (40 %).

• Nombre d’enseignes qui calculent si les prix payés aux fournisseurs sont suffisants pour permettre le versement d’un salaire vital aux travailleuses : 5 (11 %).


Un salaire vital est calculé sur la base du niveau de vie du pays, et correspond à ce dont une personne a besoin pour vivre, prendre soin de sa famille tout en ayant encore un peu d'argent à la fin du mois.

Les femmes étant les plus représentées parmi les salarié.e.s de l'industrie textile, elles sont donc aussi les plus précaires.


Comment agir à son échelle ?


N'oublions jamais que notre porte-monnaie est notre réelle carte d'électeur. Qu'en choisissant avec soin nos achats, nous orientons les grandes entreprises (et oui, sinon, Herta ne se mettrait pas à faire des produits végétariens ...).

Il est de notre devoir de boycotter la fast fashion, celle qui ne dévoile pas dans quels usines et quelles conditions elle emploie ses salariés. Celle qui s'enrichit sur les dos de millions d'hommes, de femmes et d'enfants à l'autre bout du monde. Celle qui pollue en toute impunité.


Pour cela, il existe désormais des labels fiables qui peuvent nous orienter en tant que consommateur :


  • Fair Wear Foundation : contrôle les conditions de travail des employés

  • Fairtrade : assure un salaire minimal correct et encourage les petites coopératives locales et justes

  • GOTS : il s'agit d'un label complet qui garantit une production écologique et qui respecte les êtres humains


Choisissez au maximum des vêtements certifiés. Si cela vous semble trop contraignant, vous pouvez aussi vous tourner vers les vêtements de seconde main. Les friperies physiques ou en ligne sont désormais nombreuses (je ne vous présente évidemment pas Vinted) et permet de ne pas recréer de nouveaux vêtements mais bien de réutiliser l'existant.

Enfin, vous pouvez aussi vous tourner vers des marques 100% françaises, en achetant moins mais mieux (je vous rappelle qu'on ne met même pas un tiers des vêtements de nos garde-robes ...).


Une idée, suggestion, envie, critique ?

C'est à toi :

© 2020 - Bettina Zourli

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